Quel est un bon débit internet ?
La réponse honnête : bien moins que ne le suggèrent les pubs pour une personne seule — et plus que vous ne le pensez pour un foyer chargé. Voici les vrais chiffres.
Ce que chaque usage consomme réellement
La navigation web et les e-mails sont légers : entre 1 et 5 Mbps, tout paraît instantané. Le streaming musical demande moins de 1 Mbps. La vidéo HD (1080p) consomme environ 5 à 8 Mbps par flux, et le streaming 4K autour de 15 à 25 Mbps par flux selon le service.
La visioconférence est modeste mais bidirectionnelle : un appel en 1080p demande environ 3 à 4 Mbps dans chaque sens — et c’est justement le sens montant que la plupart des offres résidentielles rognent. Le jeu en ligne est notoirement frugal en bande passante (souvent moins de 1 Mbps), mais brutalement sensible à la latence et à la gigue.
Les poids lourds, ce sont les téléchargements et les sauvegardes : les jeux modernes pèsent 50 à 150 Go, et les sauvegardes de photos ou d’ordinateur dans le cloud peuvent saturer votre débit montant pendant des heures.
Faites le calcul à l’échelle du foyer
Les débits s’additionnent entre les personnes et les appareils qui utilisent la ligne au même moment. Deux flux 4K, une visio et une mise à jour de jeu qui tournent ensemble peuvent consommer 60 à 80 Mbps à eux seuls.
Une règle simple : 25 Mbps suffisent au confort d’un utilisateur léger ; 100 Mbps couvrent un couple qui streame en 4K ; 200 à 500 Mbps conviennent à une famille ou à une colocation ; le gigabit est un vrai luxe, qui sert surtout à raccourcir les gros téléchargements.
Le débit montant mérite une attention à part. Si quelqu’un à la maison travaille en visio, publie du contenu ou sauvegarde dans le cloud, visez au moins 10 à 20 Mbps en montant — les offres asymétriques plafonnées à 5 Mbps d’envoi sont la première cause du « notre internet est rapide mais les appels sont catastrophiques ».
Le débit ne fait que la moitié du travail
Deux connexions aux Mbps identiques peuvent donner des sensations totalement différentes. La différence, c’est la réactivité : la latence au repos (le temps que met un aller-retour) et — plus important — combien cette latence grimpe quand la ligne est occupée, un effet appelé bufferbloat.
Une ligne à 100 Mbps avec 15 ms de latence et un bufferbloat noté A paraît plus vive, pour les appels comme pour le jeu, qu’une ligne gigabit qui gonfle à 500 ms dès que quelqu’un télécharge. Quand vous testez, regardez les chiffres de latence en charge, pas seulement les gros chiffres.
Comment vérifier ce que vous recevez vraiment
Testez en filaire si vous le pouvez, à différentes heures — la congestion du soir est bien réelle sur les technologies partagées. Comparez le résultat à votre abonnement, et souvenez-vous que Wi-Fi, VPN et appareils surchargés font baisser le chiffre avant que votre FAI n’y soit pour quelque chose.
Notre test de débit note aussi votre connexion usage par usage — streaming, appels, jeu — pour vous épargner tout calcul.